Les Trophées du Saint-Hubert 2013

A l’occasion de son assemblée générale, le Saint-Hubert Club de France a remis, mercredi 18 septembre, les trophées SAINT-HUBERT à trois lauréats offrant un regard nouveau sur la place de la chasse dans notre société.

C’est au cours du dîner au restaurant « Un Dimanche à Paris », clôturant l’assemblée générale du SHCF, que Victor Scherrer, président du Saint-Hubert club de France, et Alexandre Col, économiste, mécène de l’événement et membre du SHCF, ont décerné ces trophées qui ont pour vocation de récompenser, chaque année, des œuvres francophones apportant une contribution originale et exigeante aux grands débats de société qui influencent le monde de la chasse mais aussi permettant sa promotion et son rayonnement culturel . Pour cette édition, le jury a retenu trois lauréats :

- dans la catégorie littéraire : « Portraits en costume de chasse » de Claude d’Anthenaise, conservateur du Musée de la Chasse et de la Nature, à Paris. Cet ouvrage apporte en effet un éclairage nouveau sur l’évolution de la chasse au fil des siècles, en France et en Europe, à travers l’art du portrait du Moyen-âge à nos jours.

- dans la catégorie artistique : Quentin Garel pour l’ensemble de son œuvre. Son travail de sculpture, en bronze, fer, bois ou porcelaine, se caractérise par la création d’un bestiaire particulier centré sur les crânes, têtes et trophées des animaux du monde.

- dans la catégorie Initiative en faveur de la promotion de la chasse : « Un dimanche à la chasse », une action de découverte d’une vraie journée de chasse envers les non-chasseurs organisée par la FDC du Doubs et reprise au niveau national cette année, en octobre.

Trophees SHCF  Trophee SHCF  Trophee du SHCF

Les LAUREATS

Quentin Garel, têtes et trophées

Garel est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris (1998) et a été résident de la Casa Velazquez. Né à Paris en 1975, il vit et travaille entre Paris et Douville (Normandie).

elephant  gorille  rhino

Son travail de sculpture, en bronze, fer, bois ou porcelaine, se caractérise par la création d’un bestiaire, parfois très réaliste, parfois ramené à un état de squelette. Quentin Garel explique : « Depuis quelques années, j’ai développé un travail de sculpture mettant en œuvre des assemblages de bois divers autour du thème du trophée ; coutume orgueilleuse de l’homme que je tente de détourner au profit des animaux de consommation en dénonçant le caractère dérisoire de cette pratique. J’ai prolongé ce thème à travers la fonte de fer qui lui apporte une dimension plus monumentale et qui l’ouvre vers l’extérieur. Une telle pièce peut par exemple utiliser le jardin comme socle donnant ainsi le sentiment qu’il traverse partiellement la surface de la terre, tel le vestige d’un passé émergent ». Depuis la commande en 2009 d’une série de sculptures pour le nouveau jardin des plantes de Lille, Garel a étendu son bestiaire aux animaux de la savane et de la jungle. Les études préparatoires (sculptures et dessins) de ces animaux ont été le sujet de ses expositions récentes (Paris, Rouen, Epinal, Bologne, Milan). Pour autant, Garel n’oublie pas ses premiers centres d’intérêts et poursuit son travail sur le squelette, avec la production de crânes de moutons ou d’orques, ou encore de crânes d’oiseaux (albatros, flamant rose,…), tout en répondant en parallèle à de nouvelles commandes publiques ou privées (Région de Haute-Normandie, Tour Carpe Diem par Aviva à La Défense) et en développant une carrière aux Etats-Unis (New York, Houston). Pour en savoir plus : http://www.galerielj.com/

Claude d’Anthenaise, l’art du portrait de chasse

Claude d’Anthenaise, conservateur de la Maison de la Chasse et de la Nature, a publié un ouvrage magnifique sur  le portrait en costume de chasse dans la peinture du Moyen-âge aux années 1950. Après lecture,  vous ne regarderez plus un tableau de chasse avec les mêmes yeux !

L’évolution du portrait de chasse est intimement liée à celle de la société française. Dès ses débuts, en effet, le portrait de chasse exprime le statut social du modèle plus que le plaisir de la chasse. La chasse étant l’apanage des rois et des puissants, le peintre se doit donc de montrer la noblesse de ce privilège. Pour des raisons d’étiquette, la figure des souverains français n’est associée qu’à la chasse à courre. Vous ne verrez jamais le roi, le fusil à la main, posant à côté de son « tableau de chasse ». Quant aux seigneurs, si la pose ne leur déplaît pas, ils sont vigilants sur la nature du gibier composant le « tableau de chasse » et refusent de partager la toile avec un lapin! Associée au portrait, l’évocation de la chasse est un attribut de la puissance du modèle, de sa maîtrise sur  l’espace sylvestre, ou le monde sauvage. Mais, parce que cette autorité n’aura de cesse d’être remise en cause au fil de siècles, le portrait de chasse devra accumuler les artifices pour garder sa force de conviction aux yeux des spectateurs.couverture roi p31  JB Santerre

Pour en savoir plus, reportez-vous à la revue « Le Saint-Hubert » n°96 (juillet-août 2011)

 

Jean-Maurice Boillon, un Dimanche à la chasse

Le 21 octobre dernier, la FDC du Doubs lançait l’opération « Un dimanche à la chasse ». Son objectif : chasser les idées reçues des non-chasseurs en les invitant à une vraie journée de chasse. Retour sur une initiative qui devient nationale en octobre prochain avec plus de vingt autres fédérations partenaires.

Ce dimanche matin, 225 personnes ont donc revêtu pour la première fois un gilet fluo pour découvrir le quotidien d’un jour de chasse ordinaire avec de vrais tirs, de vrais animaux prélevés. Une prise de risque osée mais qui s’est avérée payante. Dans la tête de ces non chasseurs, les idées reçues, dévoilées à la fin de journée grâce à un questionnaire, se bousculaient. « Buveur », « menteur », « viandard », « vantard », « dangereux »…voilà pour le chasseur. Quant à la pratique de la chasse elle-même, les a-priori étaient de la même veine : désorganisation, manque de sécurité, crainte du coup de fusil, non-respect des animaux, milieu fermé et élitiste, pratique barbare et contre nature… Quelques heures plus tard, à ce même questionnaire, les participants se déclarent majoritairement satisfaits ou très satisfaits de la journée dont ils ont apprécié le contenu, l’organisation, l’accueil et la convivialité. Ce taux de satisfaction baisse légèrement (68%) au sujet de la battue au grand gibier car certains regrettent de ne pas avoir vu de gibier ou d’être restés trop longtemps « au poste » ! En revanche, les participants ont majoritairement demandé à pouvoir continuer de chasser l’après-midi (ce qui n’était pas prévu au départ) et, lorsque cela n’a pas été possible, ont regretté une partie de chasse trop courte ! Enfin, 98% d’entre eux se sont sentis totalement en sécurité lors de la partie de chasse. Dans 71% des cas, cette journée a très bien répondu à leurs attentes. 86% affirment avoir effectivement découvert  l’univers de la chasse et mieux connaître désormais les techniques, les chasseurs, leurs actions et leurs valeurs. 62% disent même avoir changé d’avis sur la chasse à l’issue de cette expérience. Quel bonheur aussi pour les chasseurs d’entendre dire que finalement, la cohabitation chasseurs/non chasseurs est possible et que la pratique de la chasse le dimanche est jugée acceptable. Pour Jean-Maurice Boillon, le nouveau président de la FDC du Doubs, cette campagne de communication a redonné le moral aux troupes. « Les chasseurs sont à nouveau fiers de l’être. Ils ont bien compris qu’en restant eux-mêmes, ils n’étaient pas pour autant montrés du doigt et mis au ban de la société. Ils en ressortent rassurés et grandis. Ce sentiment est fort et constitue le résultat inattendu de cette opération ».

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Pour en savoir plus, reportez-vous à la revue « le Saint-Hubert » n°108 juillet-août 2103